Narrateur : Charles

La magicienne Miel me remit sur pied rapidement avec sa magie, peu aurait été capable de faire ce qu’elle avait fait. Les gens des environs avaient bien de la chance de l’avoir pour les soigner. Je me faisais bien du souci pour cette pauvre femme se faire torturer ainsi par ces immondes vermines qui osaient se faire nommer chevaliers. Ils n’avaient rien de tout cela, protéger le peuple, ça ne voulait rien dire pour eux, ils préféraient piller et voler sembleraient-ils et menacer de pauvres gens. D’ailleurs, ils avaient mentionné un dragon ? Ces créatures sont pacifiques, qu’est-ce que c’est que cette histoire-là ?

Je lui demandai inquiet, « Ils vont revenir, n’est-ce pas ? »

Elle répondit, « Oui. (Elle regarda ailleurs.) Vous n’êtes pas d’ici non ? (C’est vrai que dans mon royaume, on avait un accent plutôt prononcé.)

- En effet, je viens de Cyaneus. (Elle parut surprise, c’est vrai que les Terres Du Nord, n’étaient pas frontalières.) … Est-ce là un comportement qui fait légion parmi les chevaliers de ce royaume ?

- Malheureusement, ils ne sont bons qu’à tout détruire. », dit-elle avec tristesse.

Elle était presque à deux doigts de pleurer. J’étais écœuré, écœuré, je ne trouvais pas d’autres mots, ce n’était pas que je n’en connaissais pas, c’est qu’ils ne venaient pas, ils n’y en avaient aucun qui me semblait approprier à la situation. Je songeai qu’il me fallait être encore un meilleur souverain à l’avenir, un grand roi, pour que mon peuple n’ait plus jamais à souffrir. Ce souverain par contre, ne me semblait guère méritant de son titre.

Grégoire arriva alors, il semblait énervé, il me dévisagea avec mépris et je me demandai bien ce que j’avais pu lui faire.

Il articula cette phrase avec un ton désagréable « Laisse tomber Miel, il ne peut pas comprendre notre souffrance. (Hum… Quelque chose d’infortuné a dû se produire.)

- Je ne peux peut-être pas comprendre, mais j’ai des yeux, et je vois bien que leur comportement est inadmissible. », répondis-je avec ironie.

« Même si vous n’êtes pas d’ici, je suis sûr que vous êtes comme eux ! (Il s’agitait en tous sens et parlait fort.) Que vous vous moquez de la souffrance de votre population ! Que vous les ferait souffrir avec joie parce qu’ils ne peuvent pas payer l’impôt comme ma famille ! », répondit-il haineux.

Il s’effondra en pleurs incontrôlables devant moi. Il semblerait que ces événements avaient réveillé en lui de bien mauvais souvenirs et je ne pouvais simplement pas l’en blâmer. Miel me supplia de lui pardonner son insolence, c’était mal me connaître que de croire que je lui en voulais pour cela, sa réaction était parfaitement compréhensible.

Je pris donc la parole, il me fallait répondre, sinon cela voulait dire que dans un sens, je confirmai ses propos, « Jamais, je ne prendrais joie à faire souffrir qui que ce soit. La raison en est toute simple. (Je ne crois pas en avoir beaucoup parlé depuis que cette tragédie était arrivée.) Connais-tu la révolte paysanne qui a eu lieu au royaume de Cyaneus ? (Il me sembla que non à son expression surpris.) La famille royale a entièrement péri, sauf, celui que la population nommera Charles Le Juste. Enfin, moi, je le nommerais plutôt Charles Le Triste, car crois-moi avoir perdu mon père, le roi et tous mes frères si jeune laissent un arrière-goût de solitude et de tristesse dans une si frêle et juvénile vie. »

Un lourd silence s’abattit dans la pièce, et je craignais dans être le responsable. Je prenais un risque en révélant mon identité à ces deux-là. Il ne restait plus qu’à attendre la réaction une fois la stupeur passée.

Grégoire finit alors par articuler, « Vous êtes un roi ? Un roi… Un roi…

- En effet. (Je songeai que cette confirmation était du plus mauvais effet.) Ne tire pas cet air paniqué, je n’ai aucune mauvaise intention à ton égard.

- Pourquoi ne pas l’avoir dit avant ?! (Hum… Était-il idiot ? À me balader seul, ou même avec une compagnie qui ne saurait pas défendre ma vie, j’étais plus en sécurité, en étant un anonyme.)

- Ce qui est dingue c’est que vous me croyez comme ça alors que je pourrais totalement vous mentir… (J’admirai sa naïveté.) Enfin, je dis la vérité, mais tout de même.

- Seigneur Dieu ! », cria-t-il.

Il me serra dans ses bras, je fus étonnée par cette réaction. Il passait d’une émotion à l’autre, ce jeune homme.

Il m’expliqua ensuite ceci, « Cela signifie donc que vous êtes au service de l’élu, n’est-ce pas ? (Je ne vois pas le rapport avec ma position. Quel était ce genre de raisonnement ?)

- Oui, mais je ne comprends pas comment vous en êtes arrivé à cette conclusion ? (Il ne s’expliqua pas.) Cependant je ne vois toujours pas le rapport avec cette étreinte », répondis-je confus.

« Vous allez pouvoir nous sauver de cette immonde vermine qui nous sert de roi ! Si vous parlez de notre sort à votre ami l’élu ! », cria-t-il de joie.

C’était si naïf même Léandre n’avait pas tant de pouvoir sur les autres nations. Je me sentais mal pour eux, pour ce peuple qui semblait souffrir tellement, il y avait définitivement de mauvaises personnes dans ce monde. Mon suzerain avait pour but de donner la paix éternelle, mais que prévoyait-il de faire contre ces démons, contre les mauvais souverains ou souveraines ? Il me faudrait lui poser la question. J’ai toujours essayé d’avoir un cœur aussi dur que la pierre, mais il semblerait que j’avais échoué sur ce plan-là, je ne pouvais qu’empathiser avec eux. Je ne pouvais pas m’empêcher d’éprouver de la sympathie pour son sort.

J’eus alors une idée que je m’empressais de lui proposer, « On m’a envoyé ici pour récupérer le meilleur chevalier du royaume, mais de ce que je constate, il n’y a nul vrai chevalier en ces terres ! (Ils me dévisagèrent tous deux se demandant bien où je voulais en venir.) Cependant, toi, Grégoire, je pense que tu feras un chevalier digne de ce nom, tu en as le cœur et l’honneur.

- Merci, votre majesté. », répondit-il en s’inclinant respectueusement, ce qui me mit mal à l’aise pour une raison quelconque.

Miel lança alors, « Je sais que vous avez déjà un magicien à la cour royale, mais je pense que je pourrais l’assister en m’occupant de soigner les blessés, ma spécialité ! »

Je n’eus pas le temps de répondre, que des cris de panique se firent entendre à l’extérieur. Nous nous précipitâmes dehors et nous vîmes un affreux dragon qui détruisait le village avec ses flammes. Cela devrait être la créature dont parlaient les chevaliers tout à l’heure.
Il fallait que nous l’arrêtions avant qu’il n’y ait des blessés. Saisissant ma lame, je me jetais dans le combat avec ardeur. La furieuse bête me regarda avec un air mauvais et manqua de m’abattre d’un coup de patte. Je vis Miel protéger des gens avec sa magie pendant que Grégoire faisait évacuer le village. Parfait ! On s’occupait des habitants ce qui me laissait le champ libre pour l’affronter.

Le monstre brûla une maison avec son souffle, il balançait la tête de tout côté, comme s’il cherchait quelque chose. Je m’inquiétais un peu de sa venue ici, les dragons étaient rares et plutôt pacifiques, il a forcément dû se passer quelque chose. Ses pensées me dévoraient de l’intérieur alors la bête en profita pour essayer de m’écraser.

Miel utilisa sa magie pour me protéger en générant un bouclier.

Elle me lança, « Fait gaffe ! Concentre-toi ou le dragon te tuera ! »

Je ne comprenais vraiment pas la raison de sa présence ici, cependant j’allais malgré tout l’affronter pour protéger les habitants de ce village. Il fallait faire quelque chose et je songeais que les fameux chevaliers de tout à l’heure ne devaient pas être étrangers à cet évènement. Une enfant s’était retrouvée piégé dans une des maisons enflammée par le souffle du dragon.

Miel était trop occupé à soigner les blessés pour leur permettre de s’enfuir. Grégoire était introuvable, il devait sûrement être avec les habitants qui avait quitté les lieux. Il ne restait que moi pour la sauver. Qu’importe la présence du dragon ou des flammes, je me lançais à la rescousse de cette fille. Les planches en feu m’avaient brulé les épaules en me tombant dessus, mais l’enfant était saine et sauve pour le moment. Je réussis à la sortir de la maison de justesse. Je repris mon souffle en laissant la gamine partir pour rejoindre Miel et le reste des blessés.

Lorsque le dragon voulut nous attaquer, Grégoire s’interposa entre nous et la bête, il avait dû revenir après qu’il eut mis les habitants en sécurité.

Alors celle-ci arrêta son attaque ce qui nous surprit et s’exclama, « Cela fait longtemps que je n’avais pas vue d’humains altruistes ! »

Sa voix rocailleuse résonnait dans l’air comme un écho, me laissant interdit, ne sachant quoi répondre. Grégoire aussi resta silencieux.

Le dragon continua, « Vous pensiez que les nôtres étaient stupides et étaient des êtres dénués de la maîtrise du langage ? Vous les humains, vous êtes si prétentieux. (Il referma ses ailes.) Cependant, vous me semblez être de bonnes personnes, alors je vous demanderais de transmettre un message aux chevaliers de ce royaume. Dites-leur de me laisser vivre, ma retraite tranquille dans cette forêt et il n’y aura pas d’accidents et de conflits. »

La majestueuse créature s’envola alors, laissant le village ravagé par ses flammes. Je songeai que ces gens étaient vraiment des dangers pour les autres, il faudra leur faire payer. Cela d’ailleurs ne tarda pas à arriver.

Les chevaliers cruels me tardèrent pas à revenir après tout, ils l’avaient annoncé tout à l’heure ; ils regardèrent de toutes parts le village en ruine, leur expression me disait qu’ils auraient aimé le faire eux-mêmes, si Miel avait refusé de les suivre. Ils portèrent ensuite leurs attentions sur nous.

Celui qui semblait être le chef nous lança, « Vous semblez avoir croisé le dragon ! Et vous savez quoi ? Tout ça aurait pu être évité si cette magicienne nous avait accompagnés !

- Ah ouais ! Je vous l’ai déjà dit, je ne connais que de la magie de soins et défensives ! Je suis une soigneuse pas une guerrière ! », répondit-Miel furieuse.

J’ajoutais, « En plus, le dragon nous a dit que c’était de votre faute, s’il a attaqué le village ! Il aimerait que vous lui laissiez la forêt et je veux bien croire qu’il tiendra sa promesse, ce sont des créatures pacifiques. »

« Vous êtes des alliés de ce monstre, c’est ça ? Je vous aurais ! Je vais vous passez au fil de mon épée ! », hurla le chevalier.

Je n’eus pas le temps de dégainer ma lame que Miel avait déjà utilisé sa magie pour générer un bouclier. L’épée de mon adversaire ricocha contre celui-ci et moi, je m’apprêtais à contre attaquer. Je frappai alors ce chevalier de ma lame, le poussant ainsi à terre. Ses alliés se lancèrent donc contre mes deux alliés. Grégoire était en difficulté, mais il se battait ardemment contre eux. La magicienne utilisait sa capacité à générer des boucliers pour se protéger et essayer de les désarmer.

Leur chef que j’avais vaincu avait récupéré sa lame, et me défiait avec celle-ci.

Je lui lançais, « Quel est ton nom ? »

Il me répondit, « Je me nomme Perceval. Et toi prétentieux ?

- Charles le Juste ! (Enfin de compte, ça confirmait son qualificatif.) Perceval, je ne souhaite pas me disputer avec vous, je pense qu’il serait mieux pour nous de faire la paix.

- Charles le Juste ? (Il parut un peu effrayé.) En effet, vous êtes un roi et moi qu’un chevalier, je ne peux pas me permettre de vous défier… »

Il déposa les armes et les autres firent de même. Non, mais sans rire pourquoi tout le monde me croyait aussi facilement ? Peut-être que Grégoire n’était pas du tout une exception dans ce royaume finalement. Enfin, c’était un chevalier peut-être qu’il avait vu un de mes portraits ou quelque chose comme ça et quand j’ai prononcé mon nom, il a fait le rapprochement. N’importe tout était bien qui finit bien.

Le roi, Edward Des Terres Du Nord n’approuva pas du tout ce comportement quand je pus enfin le rencontre.

Il s’était exclamé, « Quoi ? Un paysan en tant que chevalier pour nous représenter ! Ne voyez-vous pas parmi les miens, un homme digne !

- Non. », répliquais-je avec fermeté.

« Mais bien sûr que si ! Vous voulez m’humilier ! (Il me dévisageait courroucé.) Après tout, pendant que je m’occupe de mon bon plaisir, il gère toutes mes affaires ces chevaliers et seigneurs ! Ils doivent être bons.

- Excusez-moi, votre majesté, mais vous avez entendu Grégoire et l’histoire qu’il a racontée, je crois que vous faite erreur.

- N’importe, je vous le laisse ce paysan, il rendra bien à la cour de ce bouffon de Léandre, un autre hurluberlu qui vient de chez les traines-misères. »

Ainsi s’acheva, mon aventure dans Les Terres Du Nord. Je revenais donc accompagné par Miel et Grégoire, après que le roi est approuvé celui-ci comme représentant pour ces terres. Je savais cependant, qu’il fallait que je parle à Léandre de cet homme afin qu’il réfléchisse à qui il souhaitait s’allier à l’avenir.

Fondation d'un Royaume

Galaad Night le 16 Nov 2025 à 12h43
Le fin mot de l'histoire.

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