Narrateur : Grégoire

Je repensai à ce que Charles avait dit à propos de Théodore, c’est vrai qu’il était celui qui gagnât le plus de la mort de Léandre. Il était roi désormais et je supposais que cela pouvait intéresser des gens. Le jour de la cérémonie d’enterrement, non seulement, il m’avait semblé être le moins triste d’entre nous, alors qu’ils étaient souvent ensemble comme de bons amis, mais en plus, il avait donné pour ordre que personne ne puisse voir le corps. C’était étrange, je décidai pourtant de ne pas douter de lui pour si peu, ce n’était peut-être que des coïncidences après tout. Après mon premier duel et mon dernier contre Hasting, enfin, je l’espérais, d’ailleurs je l’avais lamentablement perdu, je m’étais donc consacré à mon entrainement avec d’autant plus d’ardeur.

Pourtant, je ne faisais pas vraiment de progrès, c’était comme si l’épée n’était pas faite pour moi. Je me demandai ce que Charles avait bien pu voir en moi. Je n’étais définitivement pas fait pour être chevalier. Mon arme m’échappa des mains lorsque j’essayai de mettre un coup de ma lame à un mannequin, Théodore l’avait rattrapé de justesse, j’avais cru que j’allais l’empaler accidentellement.

Il s’exclama, « Je ne sais pas ce que tu essayais de faire, mais ce n’était sûrement pas ça.

- Je suis désolé, je m’entrainais. », répondis-je confus.

« Je venais t’annoncer quelque chose, mais je crois qu’il y a plus important pour l’instant. (Il se rapprocha de moi et m’invita à reprendre mon arme. Je m’en saisis ennuyé par la situation.) Tu vois, c’est comme ça qu’il faut la tenir. »

Théodore me guida et je réussis enfin à faire des progrès, j’étais tellement ravi. Il était un bretteur d’élite, j’avais de la chance qu’il me vienne en aide. Il m’avait conseillé sur une posture de combat qui correspondait bien plus à ma carrure que toutes les recommandations qu’avaient pu me faire mes maîtres d’armes. Il s’était montré bien patient, et j’avais l’impression de pouvoir faire beaucoup de progrès, désormais. Je m’assis contre le mur, pendant que lui était debout contre celui-ci, car il avait décrété que l’on devait faire une pause.

Il me lança, « J’avais donc quelque chose d’important à te dire, avant de te donner ce cours. (Il eut un air sinistre qui m’inquiéta.) Charles, ton ami, c’est un traître, il a essayé de libérer Horacétius.

- Quoi ? », articulais-je confus.

« Ce maudit magicien a dû l’ensorceler ! Putain, s’il n’était pas l’enfant d’un esprit et d’un démon, je l’aurais tué !

- Ne peut-on rien faire pour lui ? (Je m’inquiétais pour Charles, encore plus à cause du fait que je n’avais jamais entendu Théodore jurer.)

- Peut-être… (Il fit mine de réfléchir.) Tu es son ami le plus proche, peut-être toi seul pourrait le faire revenir.

- Laissez-moi essayer je vous en prie. (Je me mettais à genoux devant lui.)

- Relève-toi, nul besoin de me supplier de la sorte. (Théodore avait un air si sévère en prononçant ces mots.) Oui, je comptais bien le faire, c’est pour ça que je venais te chercher à l’origine. Seulement, en voyant que tu t’entrainais j’ai voulu t’aider… Je suis désolé, j’aurais dû t’en parler avant.

-Amenez-moi à lui ! Il faut que je l’aide, c’est mon ami.

- Je le vois bien, il en a de la chance. », dit-il sur un ton qui m’inspirait une jalousie à peine voilée.

Je crus voir une larme, il me semblait seul et cela m’attristait énormément. C’est vrai qu’après tout, il avait perdu son ami Léandre, pourtant, il lui restait son frère Antonin, non ? Je me rappelle que Miel m’avait parlé de lui, il était devenu son élève1, il m’avait semblé être un chic type, si je m’en fiais à sa description. Pourquoi n’étaient-ils pas plus proches, je me le demandai ?

Les prisons, je ne m’y étais jamais rendu, mais j’espérais que la première visite serait la dernière. Elles me remplissaient d’une terreur qui me saisissait jusque dans la gorge. Je voulais quitter cet endroit au plus vite. Tous ces gens faméliques qui y étaient enfermés, me montrait que les châtiments pouvaient être extrêmement sévères. Je ne voulais pas, un jour, me retrouvait dans une pareille situation. Théodore me conduisit donc dans une cellule un peu isolée, Charles était d’un côté et un homme que je ne connaissais pas, était de l’autre, je l’ignorai pour me concentrer sur mon ami. Il était dans les vapes, pour dire ça familièrement, et ne m’avait pas l’air d’être particulièrement du côté d’Horacétius. Menteur, menteur, Théodore est un menteur ! C’était prévisible, je le savais au fond de moi, on m’avait prévenue après tout. Mon ami avait donc eu raison.

Le vil affabulateur s’exclama, « Vois-tu ce que la magie fait ? (Je ne savais pas si je devais mordre à l’hameçon ou non, je songeais alors au sort de ceux qui l’avaient défié.)

- Oui, si je pouvais attraper le responsable, je lui rendrais la monnaie de sa pièce. (Nous savons très bien tous deux qui est le responsable.)

- Eh bien, il est là ! (Non, tu crois ! Il pointait du doigt l’autre homme.) Voici Horacétius, le responsable de ce chaos ! »

L’interpellé s’exclama, « J’ai bon dos Théodore. Tu es assez grand pour faire le mal seul.

- Tais-toi ! » criais-je en bousculant cet insolent d’usurpateur, je l’avais dit le coupable aurait la monnaie de sa pièce.

Le fautif s’exclama surpris, « Que ? Pourquoi as-tu fait ça ?

-Soyons honnêtes cinq minutes ! C’est toi le coupable, n’est-ce pas ? », dis-je en dévisageant Théodore.

- Bon sang, c’est f… Oui, c’est la vérité… », articula-t-il résigné.

Voilà, encore une nouvelle révélation qui éclatait. Horacétius semblait fière de cet aveu. Théodore fit un geste de la main pour le faire taire. Je me moquais de tout ça, je n’étais qu’un type simple embarqué dans une affaire qui le dépassait, elle ne m’intéressait pas. La seule chose que je savais c’était que je voulais sauver mon ami, pour lui rendre la pareille, lui qui m’avait sorti de tant de problèmes.

Il dit ensuite, « Voilà… Ton ami… Je te le rends… »

Je ne trouvais rien à redire, Théodore avait un air sinistre qui m’effrayait sincèrement. J’entendis alors la voix de Charles, j’étais tellement content de le revoir.

Il remarqua mon trouble et s’exclama, « Grégoire, tout va bien ? Ne t’inquiète pas.

-Tu m’as manqué… », dis-je ému.

« Comme si j’étais mort ou partie dix ans. Grégoire, tu exagères. (Il avait l’air lassé.)

- Oui, mais c’est comme si… J’ai cru que je n’allais jamais te revoir. (Je le pris dans mes bras en pleurant.)

-Allons, qu’ai-je fais pour mériter tant d’affection ? (Il essayait de me réconforter comme il pouvait.)

- Ne brime pas cette affection, tous n’ont pas la chance d’en avoir une pareille. », dit sinistre Théodore.

Charles répondit, « Je ne brime rien, je ne blâme pas, je m’interroge. Le seul à le faire ici, c’est toi Théodore ! (Il m’étreignit pour me rendre mon geste affectif.)

-Partez…Allez-vous-en… Disparaissez, je ne veux plus vous voir ici, Charles et Grégoire. », ordonna Théodore.

On ne demanda pas notre reste, il pourrait changer d’avis. Une fois à l’extérieur et un peu éloigné du château, nous songeâmes à ce que nous devions faire. Pendant, que nous faisions ça, Charles m’expliqua tout ce qu’il avait fait. Je songeai alors à ce qu’il avait raconté, si Léandre était bel et bien en vie, il nous fallait le rejoindre au plus vite. C’était probablement, le seul endroit où nous serions en sécurité, le domaine d’une déesse, Théodore n’oserait pas s’y aventurait pour nous y traquer s’il changeait d’avis. Mon ami ne trouva rien à redire à ce plan, et nous nous mîmes en route vers la forêt de Naturae. Je craignais ce que nous allons devoir affronter en route. N’importe, si Léandre vivait encore, l’espoir n’était pas mort, et peut-être bien que le tyran serait abattu et que Paxiam sera plus qu’un rêve, mais une réalité.

Les dieux nous l’avaient promis après tout, ils ne pouvaient pas nous avoir trompé, n’est-ce pas ? Pitié, guidez-nos pas, et emmenez-nous à notre destination, sain et sauf.

Fondation d'un Royaume

Galaad Night le 03 Déc 2025 à 15h47

Commentaires (0)

Cette image n'a pas encore reçu de commentaires.

Poster un commentaire

Vous devez être inscrit et connecté pour poster un commentaire.